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"Abruit" à la Galerie 65 du Havre
L’exposition "Abruit" est une vaste programmation qui court sur plusieurs mois et s’inscrit dans plusieurs lieux du Havre à Paris liés par le festival "Art Sequana 2". Impossible de parler de l’ensemble tant le territoire couvert est vaste (et que je n’ai donc pas parcouru!), je m’attarderai donc sur le volet havrais.
Commisariée par Emmanuel Lalande et Jean-Paul Berrenger, l’exposition s’ouvre sur une installation de gros haut-parleurs disparates disposés en spirale. Tourbillonnant à souhait, cette pièce diffuse un son qui poursuit de visiteur. Bien plus que par les sons sporadiques, on est happé par le mur d’ampli — véritable sculpture qui constitue cette oeuvre. Alors, on a l’impression de se retrouver devant une sorte "d’archéologie du mur d’ampli", dispositif cher aux groupes de rock les plus bruyants et qui ici fait office de sculpture sonore énigmatique.
La deuxième salle de l’exposition dévoile une collection de pochettes de disques achetés en brocantes et vides-greniers par l’artiste Patrice Caillet (Discographisme Récréatif). Chacune des pochette a été customisée par son précédent propriétaire, transformant ces objets en journaux intimes. Ainsi, des pochettes de disques sans grand intérêt acquièrent une force d’évocation par leurs personnalisations : mots d’amour, dédicaces, souvenirs de boom, autel dédié à une vague chanteuse du Top 50 oubliée depuis, substitution de pochette, etc. Oeuvre quasi-sociologique, la collection de Patrice Caillet interroge nos usages de la culture de masse jadis diffusée au travers des disques vinyles. Cette touchante collection exprime la part de vandalisme enfouie dans la créativité domestique de nos contemporains. Car, il fut un temps où l’appropriation d’un objet aussi uniforme qu’un disque — produit à plusieurs milliers d’exemplaires et diffusés dans le monde entier — offrait malgré tout une part d’appropriation personnelle sur sa surface cantonnée. Alors évidemment, ça rend un peu nostalgique : essayez donc de graver votre amour de Mireille Mathieu sur un fichier mp3!

Troisième est dernière pièce de cette exposition très cohérente: un jukebox diffusant des extraits de silences prélevés dans la musique mainstream et savante. L’apache qui sommeille en chacun de nous peut indistinctement lancer un silence de Souffly ou de John Cage parmi d’autres. Pièce déceptive s’il en est — lorsqu’on appuie sur un bouton du jukebox aucun son ne semble en sortir — ce jukebox est un avant gout d’une complil’ de silences rassemblés par Adam David, Patrice Caillet et Mathieu Saladin (The Sound of Silence). La parution du vinyl regroupant ces silences inspirés — qui aurait du sortir pour l’exposition (co-édition INcertain Sens, ESADHaR, etc.) — a hélas été retardée pour des problèmes de droits. Le législateur — en fin mélomane — a lui aussi compris que le silence d’après Mozart est encore du Mozart et que, pour le coup, ce silence devait se traduire en monnaie sonnante et trébuchante !
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à signaler la résidence à l’ESADHaR de Jacques Brodier et son étonnant "Filtre à réalité" qu’on a pu écouter sur Radio PiedNu entre le 21 et 25 janvier 2013.
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Galerie 65
65 rue Demidoff,76600 Le Havre
02 35 53 30 31
Exposition du 15 janvier au 15 février
du lundi au vendredi de 14h à 18h
vernissage le 15 janvier à 17h30
Patrice Caillet, Adam David, Mathieu Saladin,
Altération 276
Max Fécamp, Oracles hauts des espoirs. Prédictions cafédomanciennes offertes à l’Apocalypse.
Texte écrit pour la notice du livre d’artiste de Max Fécamp, Oracles hauts des espoirs.
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Oracles hauts des espoirs est une expérience de divination par cafédomancie menée par Max Fécamp entre le 21 novembre et le 21 décembre 2011. L’artiste propose une interprétation des événements qui se dérouleront durant le mois menant à la supposée fin du monde selon le célèbre calendrier maya. Bien qu’ironique au premier abord, ce livre d’artiste n’en est pas moins une réflexion sur l’interprétation des signes en général (de l’esthétique à la critique d’art) jusqu’au livre d’artiste en tant que tel.
Le mode opératoire de Max Fécamp est simple : une fiche bristol quadrillée sur laquelle est renversé le marc d’une tasse de café. Le marc imprime une forme qu’il convient d’interpréter. Or l’artiste ne fournit aucune piste : c’est au lecteur qu’il revient la tâche de lire le marc de café.
La structure du livre représente également une prise de parti radicale.
Tout d’abord, le livret est tiré sur des photocopieurs standards et imprimé sur du papier standard comme pour mimer les brochures autoéditées qu’on trouve dans les librairies d’ésotérisme. Max Fécamp joue alors sur le registre des brochures d’ésotérisme et de magie et n’hésite pas à y insérer quantités de symboles incongrus. Par exemple, la croix à six branches cerclée symbolise à la fois l’infini et la circularité. Mais cette croix peut aussi être interprétée comme un symbole satanique reprenant le 6-6-6 (6 pointes, 6 branches, 6 intersections).
Les phrases en latin inscrites autour du cercle n’ont rien de mystique ou d’ésotérique : il s’agit simplement de locutions latines prélevées au hasard par l’artiste dans un dictionnaire (« Amicus plato sed magis amica veritas » et « abyssus abyssum invocat » qu’on traduit respectivement par « Platon m’est cher, mais la vérité m’est encore plus chère[1] » et « l’abyme appelle l’abyme »). Le hasard a fait que ces locutions mises l’une à côté de l’autre et insérés dans le contexte d’Oracles hauts des espoirs acquièrent un sens particulier renforçant le mysticisme granguignolesque du geste de Max Fécamp.
Le colophon placé en fin d’ouvrage est lui aussi un texte codé. Le texte, en langage elfique élaboré par JRR Tolkien, donne les indications de copyright (Copyright Max Fécamp 2012). En dessous, l’ISBN est naturellement un faux numéro renvoyant à un cryptage satanique : l’addition des sept premiers chiffres donne le nombre 13 et les 3 derniers chiffres forment à nouveau le 6-6-6. On peut même observer ce qui apparaît comme une faute de frappe à la fin du colophon « dépôt létal mars 2012 ». Finalement, le seul élément « réel » de ce livre d’artiste semble être la mention faite au marché de l’art avec la numérotation des livres sur 50 exemplaires…
Maxence Alcalde
[1] Aristote, Ethique à Nicomaque, I, 4.
L’œuvre se fout-elle du Monde ?
Les Euménides est une groupe de personnes qui teste des nouvelles formes de collaborations artistes et culturelles, donc ça vaut le coup d’aller y jeter un oeil (je ferai probablement une intervention pendant la session du mercredi 8 juin)
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Session #5, rendez-vous des pratiques culturelles
L’œuvre se fout-elle du Monde ?
À partir de 19h30 à la FLAQ, le mercredi 8 juin,
36 rue Quincampoix,
métro Rambuteau/Hôtel de ville/Châtelet-les-Halles
Ouvert à tous, participation de 1 euro.
L’artiste, ce personnage déconnecté des réalités communes, n’est-il pas le symbole de l’individualisme ?
En y réfléchissant, poser du papier toilette sur un ventilateur (cf. Gabriel Orozco), n’est-ce pas une manière de dire aux autres: “je fais ce que je veux et je me fous de ce que vous pensez !?” Mais dans quelle mesure l’Art et la Culture nous intéressent s’ils ne parlent pas un peu de nous et du Monde ?
Nous parlerons d’éco-sophie et d’éco-logie. L’Écologie de l’art s’intéresse à l’interaction du Monde de l’Art avec le Monde. Les relations étudiées vont des plus communes, comme les relations artiste/œuvre, public/œuvre, jusqu’aux relations plus inattendues entre art/urbanisme, art/social, art/économie. Au travers de l’écosophie, il s’agit de penser les choses par leur milieu afin de mieux cerner les interactions entre disciplines et sortir l’art de son repli sur lui-même.
Les indésirables / BD
Yannick Lelardoux
La nature est très proche, même en ville des espèces uniques au monde habitent des espaces inconnus du grand public. Par son expérience du terrain, Yannick défend la nature en ville depuis 15 ans, il nous parlera de ces espaces au travers de la bande-dessinée.
Le Design et son processus
de production / Arts Appliqués
Stanislas Rak
Designer et scénographe, Stanislas Rak soulève la question de la place de l’homme dans l’industrie. Un designer peut concevoir l’objet le plus vertueux, si son procédé de fabrication ne l’est pas le projet échoue. Il nous posera un cas concret de réflexion de design écosophique.
Titus d’Enfer / musique-performance
Michaël Marchal
« Me voilà déjà loin, oh oui, si loin de ce château qui assista à ma naissance et qui vit de ses yeux globuleux la floraison de mes 18 bras, qui selon la tradition, furent coupés chaque année, comme on élague à chaque saison le pachydermique Boileau de la cour aux escargots. Quelle tristesse ressentie lors de la perte de mes bras, aujourd’hui je n’en possède plus que deux, mais je les offrirais volontiers à celui qui rendrait à mon royaume le prestige de la vie d’antan! Oh oui, mon corps s’il le faut ! A présent, ce même corps est jeté sur les routes, il ne reste plus qu’à chanter l’exode, la li la la… » …
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Les sessions qu’est-ce que c’est ?
Les Sessions sont des espaces de recherche sur les pratiques culturelles et artistiques actuelles.
Une fois par mois, les Sessions vous invitent à découvrir des travaux en cours de création. Réunis autour d’un même thème, leurs choix techniques, plastiques, et symboliques y sont décryptés. Les spectateurs y participent activement. Cette collaboration, entre le public, les experts et les intervenants eux-même, a pour objectif de questionner nos attitudes et nos savoirs face à la création.
Ici, il n’est pas question de démontrer l’efficacité ou la maladresse d’une proposition, et encore moins de la critiquer à travers les goûts de chacun. Chaque intervention apporte un éclairage nouveau, un point de vue singulier au thème qui régit la rencontre. Par ailleurs, nous soulignons les tensions opérées entre les choix techniques et leur capacité à symboliser l’intention qu’ils portent.











