plagiat

l’épineuse question du plagiat dans l’art contemporain

S’il est un élément difficile à déterminer dans les pratiques artistiques actuelles, c’est bien celui du plagiat. Si le plagiat est relativement aisé à détecter et à évaluer dans les pratiques de l’écrit — de la fiction romanesque jusqu’aux essais universitaires — il ne semble pas en aller de même en ce qui concerne l’art contemporain. Il faut dire que pour les productions textuelles, il suffit de relever les emprunts non présentés comme tels, c’est-à-dire non sourcés et reproduits sans guillemets. Mais là aussi, si on y regarde de plus prêt, on se rend compte que la notion de plagiat recoupe finalement tout un chapelet de nuances[1]… On s’accorde alors généralement sur une définition à minima de cette pratique frauduleuse. Mais qu’en est-il concernant la création en art plastique ?

Évidemment, la question est épineuse surtout depuis les années 1970-1980 où la pratique de l’appropriation fait partie des attitudes artistiques possibles. Dès le milieu des années 1960, Elaine Sturtevant (1930-2014) reproduit des œuvres d’artistes de sa génération (Warhol, Lichtenstein, Stella, etc .) dont elle se contente de modifier le titre. L’ambition de l’artiste était de montrer le pouvoir du simulacre et la capacité indépassable du réel à tout transformer en objet, qu’il s’agisse d’une idée, d’un son ou de mots. Ce travail contemporain des essais de Baudrillard sur la marchandise et la simulation fut par la suite prolongé par des artistes de la génération suivante parmi lesquelles Sherrie Levine, Barbara Kruger ou Louise Lawler. Un des intérêts de cette aventure conceptuelle est qu’elle a permis de complexifier la notion de copie et de plagiat dans le champ des arts plastiques. Dès lors que le concept est intimement lié à l’objet, peut-on affirmer qu’une « forme » copiée à laquelle on accole un « concept » inédit relève encore du plagiat ? La réponse fournie par les expérimentations de Sturtevant semble répondre par la négative à cette interrogation et plaider en faveur d’une réactivation conceptuelle de formes qui en changerait fondamentalement la nature. Cela revient alors à ce que le philosophe Richard Rorty définit par « période de vérité », c’est-à-dire un rapport principalement contextuel à la vérité. De ce point de vue, la vérité perd, de ce fait, son ontologie (et son universalité) vers un relatif relativisme. Une idée devient vraie pour un moment (celui de son énonciation et de sa validité contextuelle), mais peut coexister spatialement avec d’autres vérités. C’est à peu près la manière dont procèdent les œuvres de la mouvance appropriationniste ou simulationniste.

Qu’en est-il alors des cas de plagiat qui parcourent régulièrement l’actualité artistique ? Dès lors, à quel niveau situer le curseur entre l’inspiration légitime (dès lors qu’on participe à un monde de l’art où les formes se répondent) et le plagiat pur et simple ? Peut-on considérer — comme semblent le suggérer les œuvres de Sturtevant — que le plagiat se situe du côté de l’idée ou du concept dont la forme n’est qu’un avatar, un simulacre ?

Prenons deux exemples récents dans deux registres différents : celui des ressemblances opportunes entre des œuvres de Vincent Mauger et celles postérieures de Andrey Zignnatto ; ou celles entre une œuvre d’Arnaud Cohen (Eloge de la réalité diminuée, autoportrait à la clé, 2012) et Justin Poulsen.

Eloge de la réalité diminuée est un doigt sectionné de farces-et-attrapes auquel l’artiste a ajouté une clé usb. Le multiple a été produit à l’occasion de l’exposition collective Uploloload (Galerie 22,48m2, Paris, décembre 2012) que j’ai co-commissariée avec l’artiste Caroline Delieutraz. Arnaud Cohen évoquait ainsi l’ambivalence entre numérique et organique sous la forme d’une mutilation qui n’est pas sans rappeler Tetsuo (1989), le chef d’œuvre cyber punk du réalisateur japonais Shinya Tsukamoto. En 2015, Justin Poulsen propose Thumb Drives reprenant le doigt sectionné d’Arnaud Cohen ainsi que son mode de production sous forme de multiple. En parcourant le site de Poulsen, on découvre que l’artiste est en fait un photographe de publicité, domaine où il est de coutume de piller les productions plastiques sans les citer…

cohen poulsen

Mais qu’en est-il au juste de Thumb Drives ? Si on s’en tient à ce que suggèrent les œuvres de Sturtevant, Poulsen se contente de copier une forme sans lui adjoindre un  nouveau contexte (idée, concept) ce qui en fait un plagiat d’un point de vue esthétique. Le flou entretenu sur le site de Poulsen quant au statut de cette clé usb (gadget ? multiple artistique ?) rend délicate son inscription culturelle (art ? Design ? pub ? marchandising ?). On pourrait argumenter en faveur de Poulsen en disant que l’idée d’une clé usb-doigt sectionné est dans « l’air du temps », mais on pourrait rétorquer qu’à l’ère d’internet, il est facile de se renseigner afin de voir si cette idée n’a pas déjà été exploitée par quelqu’un d’autre. En tout état de cause, l’absence de citation claire de sa source d’inspiration en fait au mieux une appropriation malhonnête et au pire un plagiat pur et simple (rappelons que les artistes appropriationnistes cités plus haut mettaient au cœur de leur démarche le fait de citer clairement l’artiste qu’elles reprenaient, souvent même dans le titre de l’œuvre elle-même).

Le cas du plagiat d’œuvres de Vincent Mauger par l’artiste brésilien Andey Zignnatto parait plus problématique dans le sens où il s’agit d’un plagiat d’un artiste par un autre artiste, tous deux présents dans les circuits de l’art contemporain. De manière assez significative, Zignnatto reprend une des formes de Mauger qui consiste à produire de grandes installations de briques tronquées. Le plagiaire ne se contente pas d’une simple inspiration (utiliser la brique comme médium artistique), mais reprend exactement le même type de brique ainsi que les formes d’exposition de l’artiste français. En parcourant le site internet de Zignnatto, on découvre également que l’artiste produit une série de travaux autour du papier millimétré très similaire à une série également développée par Vincent Mauger depuis 2003[2]. Outre le problème de l’originalité dont se revendique Zignnatto, ce qui me parait le plus problématique dans ce dernier cas est qu’il révèle soit une méconnaissance de l’art actuel par les gens qui exposent les œuvres de Zignnatto, soit une malhonnêté de la part des mêmes personnes.

Mauger Zignnatto

J’aurais pu citer une grande quantité d’affaires de ce type (l’artiste Pouria Khojastehpay qui reprend jusqu’à la caricature et sans jamais les citer entre autres la série Werlunderwind (2009-2013) de Nicolas Moulin). J’aurais aussi pu citer des exemples d’artistes de premier plan qui pillent des artistes moins célèbres ou des artistes disparus (le cas du Habibi d’Adel Abdessemed[3]) ; puis je me suis souvenu d’une conversation avec un galeriste, il y a de cela une petite dizaine d’années. Je revenais alors d’une exposition monographique d’un « jeune artiste émergent » présenté dans un centre d’art de la région parisienne. J’avais alors été très étonné du copier/coller opéré par l’artiste autour des propositions de certains artistes de Support/Surface sans jamais citer son inspiration pourtant flagrante. J’en parle alors à mon ami galeriste dont je savais qu’il appréciait particulièrement la programmation de ce lieu pour savoir ce qu’il en pensait et la manière dont il expliquait cette amnésie que j’estimais volontaire. Je le savais aussi très bon connaisseur de l’art récent (ce qui n’est hélas pas le cas de tous les galeristes que j’ai pu rencontrer !) et que ces nombreuses analogies n’avaient pu lui échapper. Au bout de quelques minutes de discussion, il m’avoue en matérialisant un petit espace entre son pouce et son index : « tu sais, le monde l’art à une mémoire grande comme ça. »


 

[1] Je renvoie sur ce sujet à l’excellent travail mené dans le champs universitaire depuis une dizaine d’année par Michelle Bergadaà et son équipe (http://responsable.unige.ch/) ou le travail de fourmi de Jean-Noël Darde sur les cas de plagiat universitaire (http://archeologie-copier-coller.com/). Voire aussi ici ou .

[2] Série dont on a notamment pu voir exposée une partie au centre d’art Le Portique (« Ni Réponse, ni solution », Le Havre, mars-avril 2015)

[3] Il s’agissait en l’occurrence d’une œuvre « inspirée » par une œuvre de Gino De Dominicis (Calamita Cosmica, 1988), « coïncidence » relevée par Jean-Max Colard dans Les Inrockuptibles en 2004.

Traque du plagiat universitaire : Archéologie du C/C

Il y a déjà quelques temps, j’avais salué le travail méticuleux de quelques universitaires qui osent braver l’omerta instaurée par une partie des mandarins (que j’espère minoritaire) concernant le plagiat. Si ce sujet vous intéresse, allez jeter un oeil au travail mené depuis quelques années par Jean-Noel Darde, recherches qu’il publie sur son site « Archéologie du Copier Coller ».

Si les investigations sur le plagiat sont si importantes, c’est que cette pratique a pour conséquence à moyen ou long terme de détruire la recherche. Cela est d’autant plus perceptible dans les sciences humaines où les résultats sont souvent peu commentés et publiés dans des revues  trop souvent confidentielles, très liées à une équipe de recherche (au risque de l’autoévaluation). Sans garde-fou institutionnel (et donc sans sanction face aux contrefacteurs), le plagiat peut donc se faire en toute impunité. Les articles plagiés prennent naturellement place dans le cv du chercheur indélicat, pouvant mener ce dernier à être recruté à l’Université (d’ailleurs, les membre du CNU et les comités de spécialistes devraient se méfier des individus aux publications pléthoriques lorsqu’on sait que pour écrire un article « sérieux », il faut plusieurs mois de travail !). On imagine alors aisément ce que ces personnes feront comme dégâts ! (Participant depuis plusieurs années au comité de sélection des textes pour la revue Marges, il nous est arrivé à plusieurs reprises de débusquer des textes en partie plagiés (que nous avons évidemment refusé de publier). Certains des faussaires ont même obtenu un poste à l’université !)

Télérama sans masque !

Dogon Egg : Egg of Nekek-Ur

Merci à Audrey d’avoir signalé cet article d’un blog médiapart où il est question une fois de plus du non respect du travail de chercheurs. La différence est que, cette fois, la manipulation semble provenir d’un hebdo qui avait jusqu’alors une réputation de sérieux : Télérama.

Les faits : afin de boucler son hors série en lien avec l’exposition sur les Dogons qui se tient au Musée du Quai Branly, Télérama fait appel à des chercheurs (Anne Doquet, Isaïe Dougnon, Denis Douyon, Éric Jolly et Polly Richards) afin d’étoffer ses colonnes de textes solides (et donc scientifiques). Quelle ne fut pas la surprise des chercheurs en questions lorsqu’ils découvrirent que leurs textes avaient été soit amputés (et donc leur sens s’en trouvait modifié!), soit passés à la trappe sans autre justification de la part du célèbre hebdo culturel catho de gauche.

Si on peut comprendre qu’un média grand public trouve compliqué de publier de la « littérature grise« , en revanche on comprend moins bien qu’ils fassent appel à des chercheurs pour ensuite bafouer leur travail. Il est évident que la plupart des textes provenant d’universitaires nécessitent une réécriture et que c’est le travail normal d’un secrétariat de rédaction que d’organiser ce processus ; mais de là à exclure les auteurs de cette phase éditoriale !

Inutile de revenir la dessus : les chercheurs sont très mal considérés en France. Ils servent généralement de « main d’œuvre » intellectuelle gratuite (ou presque) pour des journalistes dont l’unique travail est de rewriter consciencieusement des communiqués de presse ou des dépêches d’agence (j’ai une expérience assez cocasse avec un journaliste d’Arte qui construisait ses sujets avec comme seule base de recherche Google!). Ces gens ne font pas la différence entre un CP et un travail de recherche : pour eux c’est juste du texte à mettre entre les pubs dont la seule qualité est d’arriver « à l’heure » à la maquette ! Du coup, je ne suis pas sur qu’ils puissent comprendre l’indignation des chercheurs dont ils ont massacré le travail.

En même temps, un hors série Télérama sur les Dogons c’est tellement caricatural, comme un numéro du Point sur les « Franc-maçons », de L’Express sur le « Salaire des cadres » ou du Nouvel Obs sur « les prix de l’immobilier! »… Et pour ma part, je ne met plus les pieds au Musée du Quai Branly depuis que j’ai lu l’excellent livre de Bernard Dupaigne (Le Scandale des arts premiers, Paris, Mille et Une Nuits, 2006) qui explique la manière dont a été monté ce musée (concours d’architecture, haine des scientifiques, subordination à la collection Kerchache,  clientélisme en chiraquie, etc.) et les choix « scientifiques » plus que douteux de cette institution… de toute façon, l’architecture du lieu me donnait déjà l’impression de m’être égaré au Ciné Cité des Halles.

Ciné Cité les Halles, Paris.

Musée du quai Branly

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source : http://blogs.mediapart.fr/blog/dojopo/200411/des-chercheurs-contre-les-pratiques-editoriales-de-telerama

Le Daïquiri, cocktail préféré d'Hemingway, était lui même une sorte de plagiat du célèbre Mojito Cubain !

L’Hemingway de PPDA : Paris-plagiaire

Vraiment pas de bol pour PPDA avec tout ce qui touche de près ou de loin à Cuba. D’abord, il y avait cette interview bidonnée de Fidel Castro en 1991 (dont les bandes ont mystérieusement disparues des archives de l’INA!) et puis maintenant, cette histoire autour de la biographie d’Hemingway. Quelle guigne !

Le Daïquiri, cocktail préféré d'Hemingway, était lui même une sorte de plagiat du célèbre Mojito Cubain !

Blague à part. Cette aventure éditoriale de flagrant délit de plagiat débusquée par Jérôme Dupuis (L’Express) est une occasion de plus de voir à quel point cette pratique s’est développée et s’est généralisée, le plus souvent couverte par un sentiment total d’impunité. Pire, lorsque les « auteurs » (il faudrait trouver un terme moins ironique!) des plagiats sont démasquées, ces derniers se disent toujours victime de distraction (« j’ai oublié de mettre des guillemets. Sorry les mecs, je ne recommencerais plus ») ou d’un collaborateur qui aurait merdé (le fameux « lampiste », bien pratique en toutes situations même après la disparition totale des bec à gaz). Patrick Poivre d’Arvor ne déroge pas à la règle lorsque – pris la main de le sac et les joues pleines de confiture – il se déclare « sidérée » et trouve « trés désobligeant » cette accusation de plagiat. Le critique littéraire Jérôme Dupuis qui est un vrai professionnel (c’est-à-dire qui n’a pas d’émission « Littéraire » où recevoir De Villepin pour son dernier chef d’œuvre de poésie ou n’importe quelle autre tâche qui raconte son cancer), et qui donc fait son travail de manière consciencieuse, a même relevé qu’environ 1/4 de la bio signée PPDA était du plagiat du livre de Peter Griffin paru en 1989. Pour résumer, si PPDA n’a pas lu son propre livre, Dupuis l’a généreusement fait pour lui. Et j’en parierai mon Daïquiri qu’en cherchant un peu, on pourrait trouver d’autres occurrence d’emprunt à d’autres auteurs. De là a passer l’ensemble de l’œuvre de PPDA (et donc aussi de son frangin) au peigne fin des logiciels anti-plagiat, comme ça pour voir, juste histoire de laver « l’homme de lettres » de tout soupçon.

En début d’année, j’ai viré cinq étudiants du mon cours parce qu’ils m’avaient rendu un texte qu’ils avaient quasi intégralement pompé (généralement sur le web, ce qui rendait mon enquête très facile!). Lors de la petite séance d’humiliation publique que je leur ai servi (laïus en débit de cours en les désignant nommément et les invitant à prendre leurs affaires et partir), ces derniers ont tenté le même genre de protestations que celles de PPDA (erreur de manipulation de fichier, problèmes d’impression, oublie de guillemets, et autres excuses bidons)…

Que ce serait-il passé si le critique de l’Express n’aurait pas levé le lièvre ? Patrick Poivre d’Arvor aurait-il fait le tour des émissions littéraires avec son air inspiré lançant du « je porte en moi ce livre depuis 30 ans », « Hemingway m’a toujours hanté », « je me sent une communauté d’esprit avec l’écrivain américain, nous avons les mêmes blessures…[silence]  » ou le moins glamour « je me suis énormément documenté pour écrire ce livre ». PPDA aurait-il pu apparaître comme un spécialiste incontesté d’Heminway (ayant apparemment plagié une très bonne bio) ? Le livre de PPDA aurait-il été un bestseller grâce au travail non crédité d’un autre (d’ailleurs, si j’étais éditeur, je me précipiterai pour republier le Griffin) ?

Alors quelle leçon tirer de ces épisodes ? A mon sens, il est primordial de ne pas capituler devant ces pratiques, non seulement parce qu’elles ruinent les efforts de ceux qui travaillent sérieusement (plusieurs année de boulot pour écrire une bibliographie contre 5min pour faire un C/C) et qu’en plus elles tuent à terme le travail intellectuel (si tout le monde se borne à copier toute le monde, nous auront rapidement une recherche tautologique, c’est-à-dire plus de recherche du tout). Occasion une fois de plus de rendre hommage au colossal travail mené par Jean-Noël Darde (archéologie du Copier Coller) ou Michelle Bergadaà. Et on ne peut que se féliciter que des critiques littéraires s’emploient à leur tour à débusqué les imposteurs « objectifs ». Alors, à Jérôme Dupuis de conclure non sans une certaine ironie :

« Il est vrai que ses journées ne lui laissent guère le loisir de travailler à de volumineuses biographies. Ces temps-ci, outre une émission hebdomadaire sur France 5 (La Traversée du miroir), une chronique quotidienne dans France-Soir, la direction, avec son frère Olivier, de la collection d’anthologies littéraires Mots pour mots aux éditions du Seuil et la mise en scène, l’été dernier, d’un opéra (Carmen), PPDA continue à être un écrivain prolifique. Souvent avec succès : il a ainsi obtenu le prix Interallié en 2000, pour L’Irrésolu, et s’est hissé jusqu’à la première sélection du Goncourt 2006, pour Disparaître, cosigné avec son frère. Si l’on s’en tient à la seule année 2010, il a publié un roman, cosigné deux essais, réuni huit anthologies et rédigé six préfaces… »

Le bon sens dirait quant à lui « si t’as pas le temps d’écrire des livres, t’as qu’à pas en écrire ! » et PPDA de répondre « Oui, mais comment je me paye mes moumoutes si je ne passe plus à la télé ? ».

Archeologie du copier coller par Jean-Noël DARDE

Parmi les fléaux actuels qui s’abattent sur le monde intellectuel, il en est un particulièrement sournois et pervers : le plagiat. Ainsi, il est a craindre que nombres de masters et de thèses de doctorats soient aujourd’hui des textes « composites » offrant, malgré tout, à leurs « auteurs » titres et légitimité.

Jean-Noel Darde (Maitre de conférence à Paris 8 ) s’est penché sur le délicat  problème et offre une étude de cas fort éclairante sur son blog Archéologie du copier-coller. Dans ce milieu où la lâcheté règne en maitre, espérons seulement que les mandarins et leurs suivants parfois complices de cette pratique ne condamneront pas le porteur de mauvaises nouvelles…

Extrait :

« Dans le département Hypermédia (UFR 6 de l’Université Paris 8), le débat sur le plagiat dans les travaux des étudiants s’est véritablement imposé en septembre 2005. Chargé dans la perspective d’un jury de la lecture de deux de la quinzaine de mémoires à soutenir du DEA « Enjeux sociaux et technologies de la communication », nous nous sommes rendu compte qu’ils étaient l’un et l’autre essentiellement constitués de copier-coller. »

A signaler également le travail de fourmis réalisé par l’équipe de Michelle Bergadaà de l’OVSM de Genève.