Jason Dodge à la Galerie de Noisy-le-Sec

S’il est un lieu de la région parisienne avec une ligne éditoriale très marqué, c’est bien la Galerie de Noisy-le-Sec. Depuis maintenant plusieurs années Marianne Lanavère (directrice de l’espace) propose des expositions exigeantes montrant des artistes dont l’œuvre oscille entre dépouillement extrême – parfois même un hermétisme revendiqué – et poésie. Les œuvres récentes de Jason Dodge s’inscrivent parfaitement dans cette lignée.

Jason Dodge,A Current (Electric) Through (A) Tuning Fork and Light, 2007.

Jason Dodge propose une intervention minimale dans l’espace de la Galerie. Œuvre in situ s’il en est, les installations de Dodge constituent des sortes de découpes anatomiques des entrailles du bâtiment où se répondent muscles et tuyaux, artères et câblage. Parfois, une anomalie vient se greffer au dispositif bien huilé, une « dérivation » comme ce diapason qui vient se greffer sur un circuit électrique alimentant une ampoule (A Current (Electric) Through (A) Tuning Fork and Light, 2007). A d’autres moments, une tuyauterie intempestive vient troubler l’architecture de la Galerie jusqu’à exprimer la potentialité de la dévastation des lieux par les eaux (Your Death, Submarine, 2009).

Ailleurs, Dodge présent une série de messages transportés par des pigeons. Les messages transportés n’ont pas le sens capital des missives d’espions, mais il y a là une histoire du franchissement – pas simplement géographique du passage d’une frontière à l’autre – mais de celui de la dépense pure. Car les messages de Dodge sont des simples noms qui, tributaires des périples des pigeons, passent les frontière accusant un certain morcellement, voire une incomplétude.

Jason Dodge, EDITH H. ILMANEN, 2007.

C’est alors qu’une poésie apparaît, pas la petite poésie du quotidien chanté jusqu’à la nausée par un certain art des années 1990, mais une poésie sensible à l’image des œuvres de Felix Gonzales-Torres ou de herman de vries, c’est-à-dire une œuvre qui s’immisce discrètement, en dehors de tout pathos, dans notre expérience du sensible.

Jason Dodge est né en 1969 à Newtown, Pensylvanie (USA). Il est représenté en France par la Galerie Yvon Lambert et Casey Kaplan à New York.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s