Cesare Pietroiusti à la Synagogue de Delme

Carton/multiple de Cesare Pietroiusti au Centre d'art contemporain La Synagigue de Delme

C’est en ouvrant mon courrier que je découvre une invitation pour la prochaine exposition à la Synagogue de Delme ainsi qu’un mystérieux carton blanc imprimé sur une sorte de papier aquarelle et présenté sous forme de multiple d’artiste. On peut y lire :

Sans titre (2005- )

Un dessin de cesare pietrouisti

série de 4000 exemplaires uniques produits pour

« une exposition (du) sensible »

ce dessin sera achevé par l’artiste après sa mort

par l’utilisation de modes de production surnaturels

Delme, 19 septembre 2010.

[numéro de série, signature de l’artiste]

Ce multiple a priori anodin – voire un peu potache – prend une teneur particulière à l’heure du débat sur les retraites. En effet, si on va désormais devoir travailler jusqu’à au moins 65 ans, personne n’avait encore osé proposer de nous faire travailler après notre mort!

Au début des années 2000, on pouvait entendre parler de la société du « post-travail » ou de la « fin du travail« , mais ils se sont tous plantés : la tendance s’est inversée. N’ayons pas froid aux yeux, engageons nous maintenant dans le post-mortem-travail. Et comme, on sais que le mode de salariat des artiste est (hélas) toujours à l’avant-garde du salariat en général (cf. Pierre-Michel Menger, Portrait de l’artiste en travailleur), nul doute que le post-mortem-travail nous pend au nez.

Reste à statuer sur bon nombres de questions terre-à-terre : quel le type de régime devraient cotiser les fantômes ou mort-vivants salariés ? Ce régime rend t-il éligible aux congés parentaux et à la sécu? Quel syndicat pour l’au-delà ? A quelle filière va-t-on rattacher les « modes de production surnaturels » ?

Alors, benoitement, avec son multiple, Pietroiusti a dépassé le débat pour poser la seul question qui vaille : « peut-on emporter ses points retraites dans la tombe ? »

++++++

On a pu notamment voir le travail de Cesare Pietroiusti au Plateau (Paris, 19e) en juillet 2008 dont la performance consistait en : « Donner à l’artiste un billet d’une valeur minimum de 20 euros, il le traitera avec de l’acide sulfurique et te le rendra avec un certificat. ». On peut également consulter son livre d’artiste Non-functional Thoughts en ligne.

La Synagogue de Delme est un centre d’art qui s’est établi dans une ancienne Synagogue à 30 minutes de Metz. Sa programmation est très intéressante, son seul défaut étant d’être dans un trou paumé (c’est-à-dire difficile d’accès par les transports en communs!).

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Une réflexion sur “Cesare Pietroiusti à la Synagogue de Delme

  1. oui on a pas attendu CESARE .P pour reflechir sur la legislation….si en effet nos « dettes » doivent etre « honorees  » ( par les proches par ex.) pourquoi ne pas  » etendre  » nos « points retraites  » a nos  » proches  » ds un temps ( ça va de soi !!!) humains. levons la tete !!!! carolino rego ( Ca.Re ) 2012

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