le Power 100 : vis ma vie de winner de l’art contemporain

Comme chaque année, l’assez médiocre magazine Art Review publie un classement des gens les plus influents du monde de l’art international au titre du meilleur goût qui sent à plein nez la testostéronne à la Pascal Brutal : le Power 100.

Pascal Brutal (Riad Sattouf) ou la virilité du futur

Pascal Brutal (Riad Sattouf) ou la virilité du futur

Ami commissaire d’expo (ou « curator » si tu es français et que tu as fait « anglais deuxième langue »), ta mission cette année sera de détrôner Hans Ulrich Obrist qui trust la première place du classement. Toi, l’artiste qui se morfond dans ton mini studio (ben oui, il faut bien aussi se payer un atelier et c’est vraiment pas donné), tu devras faire chuter Bruce Nauman. Enfin, c’est toi mon ami le plus précieux, mécène-buisinessman-que-t’es-beau-comme-Crésus qui aura le job le plus difficile, damer le pion à François Pineau ou à Elie Broad (qui est le type de Kauffman&Broad et dont tout le monde se demande comment on peut être amateur d’art et faire des bâtiments aussi moches).

Alors évidemment, on peut toujours dire que les classements « c’est n’importe quoi » (un peu comme l’art contemporain en gros !). Mais celui-ci est particulièrement intéressant et pas seulement parce que le 1er artiste du classement est Bruce Nauman (10e), le papy de l’art contemporain qui radote un peu depuis 30 ans et qui vit reclus dans son ranch (c’est dire la manière dont se déploie l’influence d’un artiste !).

Dans le top ten on retrouve majoritairement des commissaires d’expo, des directeurs d’institutions et des collectionneurs-trustee. Drame de la France-qui-rayonne-à-travers-le-vaste-monde-voire-la-Galaxie, le premier français est Alfred Pacqueman ( !!!) et le seul artiste français est Louise Bourgeois (75e place)… sauf qu’elle est américaine.

La vraie question qui émerge de ce genre de classement est pourquoi les magazines français n’arrivent pas à en faire un de « crédible ». On se lamente toujours de l’inexistence des artistes français sur la scène internationale (ah bon, il ne suffisait pas de transformer l’AFAA en CultureFrance !), mais faire un classement crédible (même si on se débrouille pour y placer nos billes tout en faisant plaisir aux « vrais » patrons) reste le meilleur moyen d’autolégitimation face aux gogos du WoA.

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3 réflexions sur “le Power 100 : vis ma vie de winner de l’art contemporain

  1. Sauf que ce n’est pas un classement avec un number One etc. Le Figaro s’est contenté de reprendre les galeries plébiscitées par la FIAC (jusqu’où peut aller le publi-reportage?). Je me demande si on ne devrait pas faire le classement des classements des gens qui comptent dans le WoA !

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