Cutlog 2011, quelques bonnes surprises.

Depuis les 3 années que cette foire existe, je n’y étais jamais allé. Il faut dire que durant la FIAC, on assiste depuis quelques temps à une explosion du nombre des manifestations (cutlog, chic, slick, Elysée, etc. et cette année le Cneai a eu l’absurde initiative d’organiser le Salon light durant ce même week-end!). La conséquence principale est qu’il est impossible de faire sérieusement le tour des manifestations parisiennes… C’est donc un peu agacé par l’ambiance de la Fiac – impression d’avoir perdu mon temps – que je me suis rendu en fin de journée à Cutlog. Au départ, je m’étais dis que c’était la bonne occasion de voir la proposition de Nathalie et Alexandre Callay mise en scène par Thoma Ryze. Cela fait quelque temps qu’Alexandre Callay développe un type particulier d’art relationnel dont il s’efforce d’inventer les formes pour rendre ces instants publics (de facebook à la présentation du Théâtre du monde à Cutlog). Le résultat est pas mal, bien qu’il soit difficile de se faire une réelle opinion, la pièce étant coincée dans le couloir extérieur de la foire.

peinture de Thoma Rize accompagnant le Théatre du Monde de Nathalie et Alexandre Callay.

Cette année la bonne surprise vient donc de Cutlog, peut-être la plus petite foire Parisienne en termes de mètres carrés. Difficle de résumer cette foire où il y a un peu de tout, du très bon comme du très mauvais. Même si on se dit parfois que certaines oeuvres feraient des t-shirts sympas, il reste possible d’y découvrir des artistes.

Ça fait déjà un certain temps que je m’intéresse aux oeuvres brodées. La galerie Agathe Hélion présente les oeuvres de Koichiro Takagi. Il s’agit de petites broderies sur de la toile brute. Ça ressemble beaucoup à des choses déjà vues, mais c’est bien réalisé avec un certain humour dans le mélange entre les motifs de tatouages de mafieux russes et le  kawai nippon.

Koichiro Takagi

Koichiro TAKAGI

Autres pièces intéressantes dans une toute autre verve sur le stand de la galerie Hengenvoss-Duerkop (Hambourg) on découvre les oeuvres de Marco Eberle. Il s’agit de forme reprenant celle de tronc d’arbres et probablement destinées à être découpées, puis assemblées. Épurées et faisant référence à la gravure, peut-être au planches naturalistes, les oeuvres de Marco Eberle interrogent. Élément énigmatique, chacune de ces planches est signée par un chiffre suivi de Kwh.

Marco Eberle, Brennholzserie 0,485 kWh, 2011.

Le stand le plus réussi me semble être celui de la galerie américaine Aureus Contemporary qui présente une série de peintures et photos retouchées de divers artistes. Parmi elles, celles de Yi-Hsin Tzeng qui grime les personnages des photos officielles de grosses flaques de peinture ou d’ornementations divers. Manière si il en est de repenser les retouches photos de l’ère soviétique.

Yi-Hsin Tzeng au stand de la galerie Aureus contemporary

YI-HSIN Tzeng, My DearSunny Side Up Chiang Kai-Shek, 2010.

Mais les oeuvres qui m’ont le plus bluffées sont certainement celles de Peter Buechler. La aussi peut-être un air de déjà vu, notamment si on pense à l’oeuvre de Hans Peter Feldmann qu’on n’en fini pas de redécouvrir, mais cela n’enlève rien à la force de ses pièces. L’artiste a pour habitude de retoucher les toiles qu’il achète dans les brocantes avec de gros pixels. Il lui arrive aussi de recouvrir entirement ses toiles de ces pixels colorés. Mais ses toiles les plus intéressantes sont sans doute celles ou il se contente d’intervenir sur seulement une partie réduite. Ainsi, Peter Buechler rend flou une partie du tableau, souvent la partie principale, celle dont on imagine qu’elle permet de comprendre de quoi il retourne. L’artiste questionne ainsi nos habitude de regardeurs largement influencée par les manières de voir insufflées par l’histoire de l’art. Ces retouches forment alors une sorte de moment d’abstraction dans les paysages ou les portraits figuratifs comme un déplacement myope du puctum. Ma préférée, le paysage de forêt, me fait penser à une rencontre entre un romantisme si ténébreusement champêtre et le fameux monolithe du 2001 de Kubrick.

Peter Buechler, Man in Black Frame.

Peter Buechler, Untitled, 2009. Huile sur objet trouvé.

Peter Buechler


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