« Le Mont Fuji n’existe pas » au Plateau

vue d'expo (présentation des livres d'Hamish Fulton)

Toute la difficulté du « Mont Fuji n’existe pas » est qu’il faut réussir à passer outre le discours un peu abscons de la brochure de présentation et des quelques oeuvres de pas-grand-chose parsemées entre les deux pôles magnétiques de la présentation : Hamish Fulton et le collectif japonais The Play. Finalement c’est une sorte d’expo Banane : « à manger par les deux bouts », comme le disait la pub des années 1980.

L’exposition s’ouvre sur une présentation plutôt maline d’une collection de livres d’Hamish Fulton (coll. Nathalie et Christophe Daviet-Théry). L’artiste est connu pour ses balades dont il rend compte au moyen de photographies et/ou de textes et de notes qu’il publie ensuite dans des ouvrages. Ici, les livres sont présentés sur des socles (comme des « vrais » oeuvres d’art) mais le visiteur est invité à les manipuler en revêtant des gants blanc. Ça donne évidemment un aspect un peu solennel à cette partie de l’expo, mais ça replace le livre d’artiste dans son usage : sa manipulation, chose trop rare dans les expositions consacrées à cette forme.

Hamish Fulton, Broken Wood Mountain Skyline, Mercantour, 2011. 21 pièces de bois peint 19×24 cm.

Le livres d’Hamish Fulton, vue d’exposition.

Liste des livres de Fulton exposés à « Le Mont Fuji n’existe pas ».

Mais la bonne surprise vient de la découverte du collectif japonais The Play formé en 1967 et qui est encore actif aujourd’hui. Leurs actions — toujours réalisées collectivement — proposent des expériences de construction, de jeu ou des promenades menées en groupe. Ce qui est passionnant avec The Play est la manière dont ils parviennent à réaliser une sorte de land art collectif, ce qui est — à ma connaissance — rare, si ce n’est inédit, du moins dans ces proportions (hormis les escapades des land artistes newyorkais des années 1960, mais qui n’ont rien donné en terme d’oeuvre collective). Le résultat de ces expériences est une série de documentation donnant un aspect baba-cool assez rafraîchissant à l’ensemble.

The Play, Canoe, 1975.

Une des oeuvre les plus poétiques est sans doute Wandering in the Wind pour laquelle The Play a entrepris de remonter le vent pendant une longue marche de 5 jours du 8 au 16 août 1976. Oeuvre initiatique et absurde qui rappelle le merveilleux roman d’Alain Damasio La Horde du Contrevent

The Play, affiche de la performance Wandering the Wind, 1976

The Play, Wandering the Wind,1976.

The Play, Wandering the Wind,1976. (vue d’exposition, 2012)

Une autre série de performances reprend l’idée de la dérive cette fois soumise aux caprices du fleuve. C’est le cas pour Canoe (the Play évide un arbre pour fabriquer à canoë qu’ils mettent ensuite à flot, 1975), IE Play Have a House (Petite maison flottante dans laquelle le groupe va vivre pendant plusieurs jours, 1972) ou The Current of Contemporary Art (dérive à bord d’un radeau en forme de flèche, 1969-2011).

The Play,IE Play Have a House, 1972

The Play,IE Play Have a House, 1972.

The, Play, IE Play Have a House, 1972 (vue de l’exposition, 2012)

+++

« Le Mont Fuji n’existe pas »

Le Plateau/Frac Ile-de-France, 7 juin -29 juillet 2012.

Commissaires de l’exposition : Élodie Royer et Yoann Gourmel

Artistes : James Lee Byars, Lenka Clayton et Michael Crowe, Hamish Fulton, Julien Gasc et Bruno Persat, Mark Geffriaud, Chitti Kasemkitvatana, Yuki Kimura, Benoît Maire, Pratchaya Phinthong, The Play, Chloé Quenum, Shimabuku

 

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