Roman Ondák au MAMVP

Roman Ondak au MAMVP (vue de l’exposition)

On se souvient des performances du début des années 2000 de Roman Ondák  . L’artiste avait pris l’habitude de signer sa présence en organisant des files d’attente jouant à la fois sur sa « nostalgie » personnelle de cette attitude banale des pays de l’ancien bloc de l’Est mais aussi sur l’aspect grégaire de nos contemporains pour qui une file d’attente est signe de promesses. Avec l’exposition que lui consacre le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, ce n’est que par bribes que l’on retrouve ce qui avait fait l’intérêt premier du travail d’ Ondák , voilà déjà plus d’une dizaine d’années.

Roman Ondak, Measuring the Universe, 2007 (vue d’exposition)

L’exposition est propre, presque clinique. Le visiteur est accueilli par Before Waiting Becomes Part of Your Life (2010), installation de divers supports imprimés (journaux, catalogues  magazines, etc.) traitant de l’œuvre d’Ondák  et présenté sous des vitrines finement bricolées. Sur la droite, l’entrée d’une salle est barrée par l’écriteau « Deadline Postponed until Tomorrow »  (Date limité reportée à demain), œuvre qui aurait pu s’avérer intéressante si l’écriteau reprenait réellement les codes signalétiques du lieu dans lequel il s’inscrit (typo, format de la pancarte, etc.) et surtout si il était traduit en français (le pré requis pour entrer dans un musée d’art contemporain étant la maîtrise de l’anglais, il ne faut pas s’étonner de la désertification de ces derniers vu l’état de l’enseignement des langues dans notre pays! ça pose d’ailleurs d’autres questions face à un art qui revendique une démarche politique  — voire émancipatrice — tout en ne prenant pas la peine de s’adresser à la majorité des gens du lieu où il s’inscrit).  S’en suit une salle parsemée d’objets récupérés qui donne l’impression que l’artiste a organisé — certes de manière très soignée — toutes les merdouilles qui traînaient dans son atelier. Plus loin, on est invités à nous faire mesurer par le gardien de salle qui note nom et taille à même le mur (Measuring the Universe, 2007). On débouche ensuite sur la dernière salle exposant une série de dessins exposés de manière à recouvrir les murs et sensés représenter la ville du futur. Chaque dessin est  réalisé par un proches de l’artiste sans que d’autres informations ne nous soient données (Futuropolis, 2006).

L’exposition du MAMVP est relativement décevante tant on avait gardé un bon souvenir de l’œuvre de Roman Ondák (notamment une exposition chez gb Agency). La plupart des pièces ne semblent pas abouties, elles s’arrêtent au simple stade de la monstration. Si bien qu’on a l’impression d’être face à une sorte de remake d’expérimentations de l’art conceptuel des années 1970, avec des merdouilles en plus.

Roman Ondak, Sans Titre, 2005.

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Roman Ondák

28 septembre – 16 décembre 2012

Musée d’Art moderne de la ville de Paris
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